Ce billet est la suite des 3 précédents :

Rappel : Devenir PO (product owner) n'est pas anodin. C'est changer sa manière de voir les choses.
Il est intéressant de se pencher sur ce changement, au travers des difficultés éventuellement rencontrées, tout en envisageant quelques pistes d'aides et (pour les 2 dernières bulles du schéma ci-dessous) des propositions de bonnes habitudes à prendre ; le but n'est donc pas ici d'expliquer en détail les activités du product owner (comment réaliser un backlog, qu'est-ce qu'une user story, etc). Si ce sujet vous intéresse, je vous conseille le très bon livre de Claude Aubry : 'Scrum, Le guide pratique de la méthode agile la plus populaire'.

Aujourd'hui, intéressons-nous à la bulle n°10 !

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Bulle n°10 : Le PO est responsable du succès du projet

Être chef d'orchestre

orchestre.jpg En quoi est-ce nouveau ?
Dans les schémas classiques, une certaine distance existe (du fait entre autre, du temps passé entre la demande et le produit fini, et du champ des possibles incompréhensions du besoin) entre la personne qui a défini le besoin et le produit fini. Et donc une déresponsabilisation. Ne l'avez-vous pas observé ?

Pourquoi le PO est-il responsable du succès du produit (et donc de son échec) ?
Parce qu'il a la vision en tête, et donne donc la direction à suivre au reste de l'équipe. C'est en cela que je compare le PO à un chef d'orchestre. Et bien entendu, "chef d'orchestre" doit être compris ici comme "celui qui donne la direction" et non comme "celui qui commande". Seul le PO a la partition entière en tête. Et son rôle est d’emmener l’équipe de manière à ce que la musique sonne bien. C'est là que se situe la responsabilité du PO dans le résultat du projet.

L'équipe entière est bien entendue responsable du succès ou de l'échec du produit, puisqu'il est le fruit de son travail. La responsabilité du PO n'est pas plus grande, mais différente pour les raisons citées plus haut.

Ce qui peut aider : Assumer cette responsabilité peut être une difficulté en soit. C'est bien connu, il est nettement plus facile d'assumer le fruit de son travail lorsque l'on fait de son mieux, et que l'on se donne les moyens. Obtenir un produit répondant au mieux au besoin est un challenge. Pour moi, se donner les moyens de remporter le challenge, passe par l'acquisition des 2 bonnes habitudes suivantes.

Habitude n°1 : Accueillir favorablement le changement

Il nous rapproche un peu plus du BON produit.

Lorsqu’un changement de programme intervient (changement dans une US, changement de priorité…) :

  • En général, on commence par réagir avec agacement, ou découragement, ou même refus…
  • Je vous conseille d'essayer de garder ces premières réactions dans votre tête, ne pas les exprimer au reste de l’équipe, car cela pourrait les perturber, les démotiver…
  • Revenez ensuite avec recul et discernement sur le sujet, avec en tête l’idée que si ce changement de programme est légitimement demandé, c’est qu’il est nécessaire pour atteindre l’objectif.
  • Dites-vous que c’est finalement une chance : un pas de plus vers le bon produit.
  • Normalement, une fois que l’habitude est acquise, on n’a plus les réactions négatives... Autant d'ondes négatives en moins !

Habitude n°2 : Ne pas avoir peur des problèmes

Leur résolution nous fait avancer un peu plus vers le BON produit.

C’est un peu la même idée que pour la peur des changements :

  • Il faut essayer de mettre de côté tout ce qui est "réactions négatives".
  • Je vous conseille ici de ne pas hésiter à échanger avec d’autres personnes, pour confronter les différents points de vue.
  • Veillez à garder un certain recul, de manière à distinguer les vrais problèmes des faux problèmes.
  • Décidez, avec le reste de l'équipe, d'une action ou d'un plan d'actions à mettre en œuvre (avec échéance, et suivi),
  • Essayez de rester pragmatique on ne peut pas traiter tous les problèmes à la fois.

Accepter les changements et résoudre les problèmes, dans une optique d'amélioration continue, fait que l'on travaille en donnant toutes les chances au projet d'atteindre son but. Le résultat obtenu est le fruit de nos efforts : c'est en cela que nous en sommes complètement responsable.
Bien entendu, ces 2 habitudes sont utiles à l'ensemble des intervenants sur le sujet !

Dans le dernier billet de la série, nous finirons par la bulle 11, et ce sera l'occasion pour moi de proposer 5 bonnes habitudes à prendre, qui me semblent fondamentales lorsque l'on tient le rôle de PO.
A bientôt !


Merci à Roman Pichler, dont le billet "The Product Owner on One Page" m'a inspirée pour le schéma du "PO en 11 bulles".